Après le Qatar … Au tour de la Chine ?

Après avoir assisté à la finale de la Coupe du Monde des moins de 20 ans et y avoir remis le trophée au capitaine de l’équipe d’Angleterre, Gianni Infantino, n’a pas perdu son temps. En Corée du sud pour cet évènement, le président de la FIFA est rapidement passé sur un autre sujet qui touche bien évidemment au ballon rond.

Après avoir vu la Russie puis le Qatar remporté l’organisation des deux prochaines coupes du monde en 2018 et 2022, la FIFA s’est d’ores et déjà projetée sur les futures candidatures. Fraîchement élu président de la république de Corée, Moon Jae-in, a fait savoir au lendemain de la finale qu’il avait fait de la coupe du monde, une priorité. Il l’a expliqué à Gianni Infantino, en précisant que l’année 2030 lui conviendrait très bien et a ajouté que la Corée se verrait bien de nouveau partager l’organisation avec plusieurs voisins asiatiques. L’un des points mis en avant a été la possibilité de co-organiser avec la Corée du Nord avec pour mot d’ordre la paix entre les deux. On n’y croit ou non mais le message a été passé. Jusqu’à présent, Gianni Infantino s’est bien gardé de répondre et a affirmé qu’il restait encore beaucoup de temps pour en discuter.

La vie du président de la plus riche des fédérations, ne s’est pas stoppé à ce premier rendez-vous, 3 jours plus tard il été reçu à Pékin par le président chinois Xi Jinping. La rencontre est prévue dans le cadre prestigieux du Palais du peuple. Bien que cette rencontre n’était pas ouverte au public, on peut affirmer que l’entrevue entre les deux hommes glissera à un moment ou un autre vers le sujet placé en tête de liste sur les fiches de Xi Jinping : le Mondial de football. Par l’intermédiaire du porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, le ton a été donné « Nous espérons renforcer notre coopération en matière de football avec les organisations internationales, dont la FIFA (…) L’organisation d’une Coupe du Monde en Chine est un rêve pour de nombreux Chinois. Nous espérons qu’il puisse se réaliser le plus tôt possible ». Au vue des récents investissements massifs dans leur football et la mise en place de programme scolaire visant à créer un essor de jeune sportif, la Chine veut se placer comme une future place forte.

Avec cette candidature et les mises en place actuelles, la Chine se présente comme un candidat solide à l’organisation d’un tel évènement. En mars 2016, le groupe Wanda est devenu premier sponsor chinois de l’histoire de la FIFA. Présent dans l’immobilier, les médias, le tourisme et le sport (Atletico Madrid, Infront Sports & Media, World Triathlon Corporation), le conglomérat s’est offert d’un coup les droits marketing des quatre prochaines éditions de la Coupe du Monde, jusqu’à 2030 inclus. Gianni Infantino, a répété l’exercice en accueillant un autre partenaire chinois, le fabricant de téléviseur Hisense. Une candidature déjà presque conclus ou simple coïncidence dans le choix de ses nouveaux partenaires ?

Comment réussir dans le football sans investisseurs étrangers ?

 

L’Europe du football attire les investisseurs du monde entier (Etats-Unis, Moyen-Orient, Asie…), mais derrière ce phénomène marquant le début d’une nouvelle ère du sport business, certains clubs résistent toujours et ont su développer une véritable politique économique.

 

17 octobre 2016. L’Olympique de Marseille est officiellement racheté par l’homme d’affaires américain, Franck Mc Court. Ce rachat marque définitivement l’entrée des investisseurs extra-communautaires dans l’Europe du football, les anciens cadors tels que l’AC Milan finissent par devoir changer d’horizon. Néanmoins, certains clubs ont réussi à construire une véritable économie à long terme grâce à des investissements nationaux bien gérés. Le Bayern Munich, le Borussia Dortmund et la Juventus de Turin en sont les exemples phares.

 

Une identité nationale forte

Des propriétaires locaux, des joueurs issus de la formation et une équipe composée de joueurs de la sélection nationale ont été la base de ces clubs. Sur le plan budgétaire, ils bénéficient d’une indépendance financière qui leur permet de mieux répartir leur argent. Pas d’investisseur privé et des profits contribuant à dégager des fonds pour les structures du club plutôt que dépensés dans l’achat impulsif de joueurs. Les centres de formation ont été l’œuvre de gros investissements afin d’améliorer les conditions d’entrainement et de former des joueurs qui représenteront l’avenir du club. Ils sont également une grande source de revenus lors de leurs reventes.

 

100 % propriétaire

Leur grand succès réside dans le fait qu’ils détiennent la propriété de leur stade. Ainsi, les recettes reviennent directement aux clubs et il n’y a pas de loyer à payer à la ville. L’exemple du Bayern est impressionnant, 27 % des revenus du club proviennent de la billetterie. L’aspect merchandising est également mis en valeur, du côté de la Juventus, le changement de sponsor principal et d’équipementier a permis d’augmenter les recettes commerciales du club.

 

L’exemple français

L’OL est le seul club à calquer son modèle économique sur celui de ses compatriotes, bien que celui-ci possède des capitaux chinois à la hauteur de 20 %. Le stade est depuis 2016 devenu la propriété du club, un pilier pour le futur de l’OL. Le club s’appuie sur un centre de formation riche mais également sur une équipe féminine compétitive pour développer son avenir. Une stratégie payante mais qui dépendra de ses résultats sportifs.